L’épisode pluvieux qui a traversé le bassin versant de l’Yerres a provoqué une crue marquée de la rivière et de ses affluents. Ces pluies constituent surtout une bonne nouvelle pour le territoire : elles ont permis la recharge hivernale de la nappe du Champigny dans les secteurs les plus réactifs, après onze mois de vidange quasi continue.
Selon le point mensuel AQUI’ Brie, association chargée de la connaissance et de la protection de la nappe des calcaires du Champigny : « les précipitations abondantes enregistrées depuis la fin janvier ont saturé les sols, permis l’activation du drainage des terres agricoles et entrainé de fortes réactions du débit des cours d’eau. Ces conditions permettent enfin un démarrage de la recharge hivernale dans les zones les plus réactives de la nappe du Champigny ».
En hiver, lorsque les sols sont saturés d’eau, les épisodes pluvieux peuvent ainsi recharger la nappe, soit de façon directe et rapide via les zones infiltrantes des cours d’eau au moment des crues, dans les secteurs où les calcaires et la nappe sont proches de la surface, soit de façon plus diffuse depuis les plateaux et les fonds de vallées.
Cette recharge hivernale est importante pour sécuriser l’alimentation en eau potable dans les mois à venir.
Le suivi des piézomètres montre toutefois des situations contrastées selon les secteurs
Dans la vallée de l’Yerres, à Évry-Grégy-sur-Yerres (77), la nappe réagit enfin : depuis la mi-février, le niveau est remonté de 0,4 m pour atteindre 50,5m NGF au 22 février, soit un taux de remplissage de 49%.
Dans la vallée de l’Yvron à Courpalay (77), la reprise est un peu plus timide : la nappe ne gagne que 0,3 m et affiche un taux de remplissage de 33 %.
À l’est dans la vallée de la Visandre, à Bannost-Villegagnon (77), secteur particulièrement réactif, la recharge a débuté dès la fin janvier. Le niveau a déjà progressé de 2,4 m pour atteindre 127,5 m NGF au 17 février, correspondant à un taux de remplissage de 41 %.
À l’inverse pour le piézomètre de Férolles-Attilly (77), situé sur le bassin du Réveillon, qui est plus profond et moins sensible aux variations rapides, la baisse se poursuit lentement ; le niveau s’établit à 49,3m NGF au 21 février, avec un taux de remplissage de 52 %.
« Ces premiers signes de recharge sont encourageants mais restent fragiles. La poursuite des pluies dans les prochaines semaines sera essentielle pour consolider cette dynamique et permettre une remontée plus significative des niveaux » souligne Ludovic Coquelet, hydrogéologue à AQUI’Brie.
Si la crue peut susciter des inquiétudes à court terme, elle participe aussi à un mécanisme naturel indispensable : l’eau qui déborde aujourd’hui dans les rivières contribue, en profondeur, à reconstituer durablement la nappe du Champigny, ressource stratégique en eau potable pour une large partie du sud-est francilien.
