Malgré les pluies de début d’année, la recharge hivernale la nappe du Champigny reste insuffisante

Contrairement à ce que pourraient laisser penser les pluies abondantes survenues entre la fin janvier et les trois premières semaines de février, la recharge hivernale de la nappe du Champigny, ressource stratégique pour l’alimentation en eau du territoire, s’avère insuffisante.

Ces précipitations ont bien entraîné une saturation en eau des sols, l’activation des drains agricoles, ainsi qu’une hausse des débits des cours d’eau comme l’Yerres et ses affluents. Et elles ont permis d’amorcer la recharge de la nappe du Champigny, selon le point mensuel d’AQUI’Brie, association chargée de la connaissance et de la protection de la nappe des calcaires du Champigny. Mais cette dynamique n’a pas duré et la recharge hivernale reste insuffisante.

 « Au cours des semaines suivantes, nettement plus sèches, le processus a été rapidement freiné. Les sols ont commencé à s’assécher, les écoulements agricoles se sont interrompus, et les débits des rivières ont diminué » précise Ludovic Coquelet, hydrogéologue à AQUI’Brie. Dans les secteurs où la nappe est la plus réactive, comme à Bannost-Villegagnon, le niveau de la nappe commençait même à diminuer dès la fin du mois de février.
Les épisodes de giboulées entre le 9 et le 13 mars ont permis une légère remontée, mais celle-ci est restée limitée et ponctuelle.

Un déficit global malgré quelques épisodes pluvieux

Si le mois de février a été très humide, cela ne suffit pas à compenser un hiver globalement déficitaire en précipitations. Or, c’est durant cette saison que se joue l’essentiel de la recharge de la nappe phréatique.

Pour la nappe du Champigny, cela se traduit par une recharge bien inférieure à la moyenne. Autrement dit, la quantité d’eau infiltrée pour recharger la nappe cet hiver est nettement plus faible qu’attendue habituellement à cette période de l’année.

Une période de recharge qui touche à sa fin

Avec l’arrivée du printemps, la situation évolue rapidement. La reprise de la végétation entraîne une consommation accrue d’eau, limitant fortement l’infiltration vers la nappe. Les pluies printanières bénéficient alors en priorité aux plantes, et beaucoup moins à la recharge de la nappe. « À moins de pluies très abondantes dans les semaines à venir, la recharge hivernale de la nappe du Champigny est en train de s’achever ».

Une vigilance nécessaire pour les mois à venir

Cette recharge insuffisante en sortie d’hiver constitue un signal à prendre en compte. Elle pourrait se traduire par des niveaux de la nappe particulièrement bas dans les mois à venir, notamment à l’est dans la vallée de la Visandre, en cas de conditions sèches ou chaudes.
La nappe du Champigny joue un rôle essentiel pour l’alimentation en eau potable et les usages du territoire. Une recharge déficitaire en hiver fragilise donc l’équilibre de la ressource pour l’ensemble de l’année.