Une espèce parapluie, c’est une espèce dont la protection profite à beaucoup d’autres. Pourquoi ? Parce qu’elle a besoin d’un milieu de vie en très bon état pour survivre. En améliorant cet environnement pour elle, on protège en même temps tout un ensemble d’espèces qui y vivent.
La lamproie de planer et le chabot en sont un bon exemple. Ce dernier est un petit poisson discret, long de 8 à 15 cm, qui vit au fond des rivières où il se fond dans le décor. Il aime les eaux fraîches, rapides et bien oxygénées, avec des fonds de sable et de graviers. Mais surtout, il supporte mal la pollution : il a besoin d’une eau propre et d’une rivière en bon état pour vivre.
Le chabot est aussi très sensible aux obstacles, car il nage peu et se déplace difficilement. Si la rivière est fragmentée (par des barrages ou des seuils), il ne peut pas circuler correctement. Sa présence dépend donc aussi de la continuité écologique du cours d’eau.
C’est pour toutes ces raisons qu’on parle d’espèce parapluie : quand le chabot va bien, c’est généralement que la rivière va bien aussi. Et quand on améliore les conditions pour lui (qualité de l’eau, circulation, habitats), on aide en réalité beaucoup d’autres espèces.
Bonne nouvelle : des analyses « ADN environnemental » réalisées en 2024 ont signalé le retour du chabot dans l’Yerres entre Argentières et Pompierre, sur le site Natura 2000 du SyAGE. Des pêches électriques réalisées l’année dernière ont confirmé sa présence. 61 chabots ont été identifiés à Bernay-Vilbert. De nouvelles études seront menées, dans les années à venir, pour mieux connaître les populations et définir des priorités d’action pour les protéger.
Sa présence est un signe encourageant : il montre que les efforts d’amélioration de la qualité de l’eau portent leurs fruits et que les zones ou le fonctionnement de la rivière est plus naturel sont autant d’habitats pour cette espèce fragile. L’amélioration de la qualité de l’eau et le rétablissement de la continuité écologique sont autant d’objectifs au cœur des actions menées par le SyAGE dans le cadre de la GeMAPi (Gestion des eaux des milieux aquatique et prévention des inondations).
