Le 3 décembre, le Comité de pilotage élargi du Contrat de territoire Eau et Climat – Trame Verte et Bleue du bassin versant de l’Yerres (2021-2025) s’est réuni pour un point d’étape résolument positif : 60% des actions prévues sont désormais engagées.
Derrière ce chiffre, une réalité bien concrète : plus d’une centaine d’interventions ont déjà permis d’améliorer la qualité de l’eau, de restaurer des milieux naturels fragiles et de renforcer la résilience du territoire.
Une dynamique collective qui porte ses fruits
En ouverture, Romain Colas, président du SyAGE, a rappelé ce qui fait la force du contrat : une gouvernance collective, qui embarque les communes, les intercommunalités, les services de l’État, les associations et les financeurs.
« Seule une démarche collective permettra d’accélérer la transition environnementale, alors que les enjeux climatiques, hydrauliques et écologiques du bassin versant s’intensifient », a-t-il souligné.
Cette dynamique s’incarne au quotidien grâce à l’implication des partenaires et des collectivités. Fabien Roudil, animateur du contrat, veille lui à la mise en cohérence des projets sur l’ensemble du bassin versant.
Parmi les principales réalisations :
- la création et modernisation de stations d’épuration, comme la nouvelle station écologique à filtres plantés de roseaux de Lumigny-Nesles-Ormeaux ;
- la renaturation de secteurs entiers de l’Yerres et de ses affluents, du pont Saint-Pierre à Évry-Grégy-sur-Yerres au ru de la Navette à Montgeron, en passant par l’île Panchout à Yerres ;
- des travaux d’assainissement structurants, dont le grand ouvrage de stockage réalisé sous l’avenue Gourgaud à Villecresnes, essentiel pour limiter le ruissellement et les inondations.
Deux retours d’expérience qui montrent la voie
La réunion a mis un coup de projecteur sur deux actions particulièrement prometteuses.
Montgeron : un modèle d’aménagement intégré
Au marché Saint-Hubert, le SyAGE et la ville ont mené de front des travaux d’assainissement et une meilleure gestion des eaux pluviales. L’opération a été présentée par Caroline Roubertier, responsable de la direction Assainissement des Réseaux Publics.
Le chantier a été complété par la désimperméabilisation du parking, redonnant aux sols leur capacité d’infiltration. Couplée à la renaturation du ru de la Navette, qui reçoit ces eaux de pluie, cette approche intégrée et cette coopération étroite forment un modèle reproductible, que le SyAGE souhaite désormais décliner avec d’autres communes volontaires pour désimperméabiliser.
Ozoir-la-Ferrière : biodiversité et hydraulique main dans la main
En forêt d’Armainvilliers, le SyAGE a aménagé une zone d’expansion de crues dotée d’un fort volet environnemental. Le chantier a été mis en relief par Élodie Ciepielewski, ingénieure hydraulique.
La réhabilitation d’une dizaine de mares y contribue à restaurer la biodiversité locale et à renforcer la continuité écologique d’un massif forestier stratégique pour le territoire.
Cap sur 2026-2030 : un nouveau contrat en préparation
La réunion a également esquissé les priorités du prochain contrat. Au premier rang : la future étude ruissellement, un sujet devenu central pour de nombreuses communes, tant il touche à la prévention des inondations, à la gestion des eaux pluviales, à l’urbanisme qu’à l’agriculture.
Cette étude offrira un diagnostic partagé et servira de base à des actions ciblées, adaptées aux réalités locales.
Le futur contrat intégrera également a préservation de la biodiversité et des continuités écologiques et l’adaptation du territoire aux effets du changement climatique.
Un atelier d’échanges a ensuite rassemblé les partenaires et financeurs (AESN, Région Île-de-France, Département de Seine-et-Marne) pour identifier les actions à inscrire dans le prochain programme.
Les élus ont exprimé le souhait de renforcer l’appropriation des enjeux de l’eau grâce à des ateliers participatifs de sensibilisation, une démarche jugée par l’AESN comme l’une des « clés de la réussite » d’un contrat de territoire.
Un nouvel outil pédagogique “Eau et territoire”, développé avec l’association Waterfamily, sera d’ailleurs testé dès début 2026.