Des polluants persistants sous surveillance de l’AESN

Les composés perfluorés (PFAS), utilisés depuis des décennies dans l’industrie et les produits du quotidien, se retrouvent aujourd’hui dans nos milieux aquatiques. Très stables, ils se dégradent peu et s’accumulent dans l’environnement, constituant une source de préoccupation majeure pour la qualité de l’eau.
Pour le bassin versant de l’Yerres, où le SyAGE œuvre à la préservation et à la restauration des milieux aquatiques, la maîtrise de ces polluants persistants est un enjeu essentiel.

Depuis 2021, l’Agence de l’Eau Seine-Normandie (AESN) a renforcé la surveillance de ces substances sur l’ensemble du bassin Seine Normandie. En 2024, une trentaine de composés sont suivis dans les rivières et une quarantaine dans les nappes souterraines, avec des concentrations variant de quelques nanogrammes à plusieurs dizaines de microgrammes par litre.

PFOS et PFHxS : deux polluants omniprésents

Deux molécules dominent : le PFOS, interdit depuis 2000 mais encore détecté, et le PFHxS. Elles sont présentes de façon chronique sur l’ensemble du bassin, même si les bocages normands apparaissent moins touchés. Bonne nouvelle : les analyses de 2024 suggèrent une légère amélioration de la qualité des rivières.

Pourquoi est-ce important ? Parce que les études épidémiologiques ont clairement montré que les PFAS peuvent entraîner de graves problèmes de santé. Leur persistance et leur capacité à s’accumuler dans les organismes augmentent les risques de cancer (notamment du rein et des testicules), de maladies thyroïdiennes, de perturbations hormonales, de dysfonctionnements immunitaires, ainsi que d’impacts potentiels sur le développement fœtal, la croissance et les capacités cognitives des enfants.

Les PFAS n’affectent pas seulement les humains : la faune et la flore en subissent aussi les conséquences. Ces substances peuvent notamment provoquer des troubles hormonaux et perturber le système immunitaire des animaux sauvages.

Des nappes plus vulnérables

Les eaux souterraines révèlent des teneurs souvent dix fois supérieures à celles des cours d’eau. La directive européenne sur l’eau potable a conduit à un suivi renforcé de vingt substances. Une dizaine de points d’eau sensibles ont été identifiés, dont un en dépassement chronique dans les Hauts-de-Seine depuis 2018.

Cette vigilance est d’autant plus cruciale pour le bassin de l’Yerres, où les ressources souterraines jouent un rôle central dans l’alimentation en eau et la préservation des écosystèmes. La compréhension et la réduction de ces contaminations constituent donc une priorité pour le SyAGE.