Financement de l’eau : un modèle à réinventer face aux nouveaux défis

Selon le Cercle Français de l’Eau (CFE), la politique de l’eau en France représente 23,4 milliards d’euros de dépenses annuelles. Actuellement, ce financement repose principalement sur la facture des usagers : 92 % des dépenses concernent l’eau potable, l’assainissement et la gestion des eaux pluviales (le petit cycle de l’eau), tandis que 8 % sont alloués à la protection des milieux aquatiques (le grand cycle de l’eau).

13 milliards d’euros par an de financement supplémentaires seront nécessaires à la politique de l’eau pour faire face aux enjeux du changement climatique, de sobriété et de qualité, soit une hausse de 56% (selon une étude dévoilée au salon des maires le 20 novembre 2024).

Moins de recettes, plus de dépenses

Le modèle économique actuel est mis à rude épreuve : 80% des recettes des services d’eau et d’assainissement proviennent des volumes d’eau consommés par les habitants  (sources Intercommunalité de France et FNCCR), qui sont en baisse de 3 % en moyenne ces dernières années. Une bonne nouvelle pour l’environnement, mais une difficulté pour le financement des infrastructures !

Parallèlement, les coûts augmentent : modernisation des réseaux, amélioration de la qualité de l’eau, anticipation des effets du réchauffement climatique… Autant de défis qui rendent le modèle actuel insuffisant.

Vers un nouvel équilibre

Face à ces enjeux, plusieurs pistes sont évoquées pour garantir un financement pérenne :

  • Augmenter la part fixe du prix de l’eau pour stabiliser les revenus.
  • Réduire le taux de TVA sur l’assainissement pour alléger la facture des usagers
  • Mettre fin aux tarifs dégressifs de l’eau qui ne vont pas dans le sens de la sobriété et déséquilibre le financement des services.

Trouver un nouvel équilibre financier est essentiel pour assurer une gestion de l’eau efficace et durable. L’évolution du modèle économique de l’eau est donc un enjeu clé pour les années à venir !