Ruisseaux, rivières, fleuves… En France, le réseau hydrographique (c’est-à-dire l’ensemble de milieux aquatiques (lacs, rivières, fleuves, zones humides, eaux souterraines, etc.) présents sur un territoire) est particulièrement dense et varié. Ces cours d’eau font partie intégrante du cycle de l’eau.
Chaque type de cours d’eau possède ses caractéristiques propres, liées à sa taille, son débit, son bassin versant ou encore sa place dans le paysage. Comprendre ces différences permet de mieux saisir le fonctionnement des milieux aquatiques et les enjeux de leur préservation.
Ces différents cours d’eau transportent de l’eau douce, essentielle à la santé et au maintien des écosystèmes.
En 2014, l’ensemble des rivières françaises représente une longueur totale de 623 464 km.
Voici les différents cours d’eau en France, du plus petit au plus grand.
Le ru / ruisselet
Un ru est un très petit cours d’eau, généralement plus petit qu’un ruisseau (inférieure à un mètre), souvent au démarrage d’un écoulement, avec un faible débit et d’origine de source ou de ruissellement. Il s’écoule souvent dans un petit vallon ou un fossé naturel et alimente un ruisseau, une rivière ou une zone humide.
Le terme est surtout utilisé en Île-de-France, dans le nord et l’est de la France, souvent dans les noms de lieux.
Même très petits, les rus jouent un rôle essentiel car ils alimentent les rivières, ils participent à la circulation de l’eau dans le bassin versant et ils constituent des habitats pour de nombreuses espèces (insectes, amphibiens, plantes aquatiques).
Le ruisseau
Le ruisseau est un cours d’eau de petite taille, généralement étroit et peu profond, alimenté par des sources d’eau naturelles, souvent affluent d’un étang, d’un lac ou d’une rivière. Il peut être permanent (avec de l’eau toute l’année) ou temporaire.
Les ruisseaux sont souvent situés en amont des bassins versants, dans les zones rurales, forestières ou de montagnes. Ils alimentent les rivières et participent au bon fonctionnement du réseau hydrographique.
Même modestes, ces petits cours d’eau jouent un rôle essentiel, car ils alimentent les rivières, ils servent d’habitats à de nombreuses espèces et ils participent à la filtration naturelle de l’eau.
Le torrent
Le torrent est un cours d’eau caractérisé par une pente forte, un courant rapide, et un débit rapide et irrégulier (très variable selon les saisons), situé sur une pente prononcée. On trouve les torrents sur des terrains accidentés et le plus souvent en montagne.
Les torrents peuvent devenir très puissants lors des pluies ou de la fonte des neiges. Ils transportent parfois des sédiments, des graviers et des blocs rocheux.
On en trouve notamment dans les Alpes, les Pyrénées, ou encore dans le Massif central.
La ravine
Une ravine est un petit vallon étroit et profond creusé par l’écoulement de l’eau, généralement lors de fortes pluies, et se jette dans la mer. Elle résulte d’un phénomène d’érosion : l’eau qui ruisselle sur les sols emporte progressivement des sédiments (terre, sable, roches) et creuse le terrain. Les ravines se forment surtout dans des zones où les sols sont sensibles à l’érosion : en montagne, sur des pentes raides, dans des zones tropicales ou volcaniques.
Principalement situés dans les îles tropicales, les ravines peuvent être à sec une grande partie de l’année mais très puissantes lors des pluies tropicales.
La rivière
La rivière désigne un cours d’eau moyennement important, à l’écoulement continu ou intermittent, suivant un tracé défini et se jetant dans un autre cours d’eau.
Les rivières structurent fortement les paysages et abritent une biodiversité riche : poissons, insectes aquatiques, oiseaux et plantes spécifiques des milieux humides.
Quelques exemples :
- L’Yerres, qui se jette dans la Seine
- La Marne, principale rivière affluente de la Seine
- L’Allier, qui se jette dans la Loire
- La Dordogne, qui rejoint la Garonne avant l’estuaire
Le fleuve
Le fleuve est le type de cours d’eau le plus connu. Sa particularité est simple : il se jette directement dans une mer ou un océan.
Les fleuves sont généralement longs et larges, au débit élevé, ils drainent un vaste bassin versant et comptent de nombreux affluents.
Ils traversent souvent plusieurs régions et jouent un rôle majeur dans l’histoire, l’économie et l’aménagement du territoire.
Quelques exemples de fleuves français :
- La Loire, le plus long fleuve de France (plus de 1 000 km)
- La Seine, qui traverse Paris avant de se jeter dans la Manche
- Le Rhône, puissant fleuve alpin qui se jette dans la Méditerranée
- La Garonne, qui forme l’estuaire de la Gironde avec la Dordogne
Une exception : la Veules
Ce fleuve normand est long de… 1 149 mètres !
Il arrose la commune de Veules-les-Roses, dans le département de Seine-Maritime, et se jette dans la Manche.
Mais c’est quoi un affluent déjà ?
Un affluent est un cours d’eau qui se jette dans un autre cours d’eau plus important. Le réseau hydrographique fonctionne un peu comme un arbre : les petits ruisseaux alimentent les rivières, qui alimentent à leur tour les fleuves.
L’ensemble de ces cours d’eau constitue ce que l’on appelle un bassin versant, c’est-à-dire le territoire où toutes les eaux s’écoulent vers un même fleuve ou une même rivière.
Par exemple :
- l’Yonne est un affluent de la Seine
- la Saône est un affluent majeur du Rhône
- l’Allier est un affluent de la Loire
Des milieux fragiles à préserver
Les cours d’eau sont des milieux naturels essentiels : ils fournissent de l’eau potable, soutiennent la biodiversité et jouent un rôle clé dans la régulation des crues et du climat.
Mais ils sont aussi fragiles. Urbanisation, pollutions, artificialisation des berges ou changement climatique peuvent perturber leur équilibre. De plus, les nombreuses rectifications effectuées par le passé (curage, busage, mise en place d’étangs, installations d’ouvrages hydrauliques…) ont contribué à dégrader leur état écologique.
C’est pourquoi de nombreuses collectivités et syndicats de rivière travaillent à leur restauration en menant notamment des opérations de renaturation des cours d’eau (remise à ciel ouvert, suppression d’ouvrages, reméandrage…).
Elles participent également à la protection des zones humides et des habitats (pilotage et gestion d’un site Natura 2000 par exemple) ainsi qu’à l’amélioration de la qualité de l’eau (contrôle des rejets …).
Et n’oublions pas que les déchets que nous jetons par terre ou dans les avaloirs finissent souvent dans les cours d’eau et puis dans la mer ou l’océan !

© Office français de la biodiversité / Réalisation Matthieu Nivesse (d’après OIEau), 2018