Malgré les pressions liées à l’urbanisation, l’Yerres reste une rivière vivante. On y recense plusieurs espèces de poissons, dont certaines sont sensibles à la qualité de l’eau, preuve que des efforts de restauration écologique ont porté leurs fruits ces dernières années.
Les espèces les plus courantes
L’Yerres abrite de nombreuses espèces de poissons d’eau douce, aussi bien carnassiers (ils mangent principalement d’autres poissons) que poissons blancs (on parle de chair blanche ou très pâle, pas de peau blanche).
Parmi ces poissons, les plus courants sont :
- Le gardon : reconnaissable à ses reflets argentés et à ses nageoires rougeâtres, il est très répandu dans les eaux calmes.
- Le chevesne (ou chevaine) : ce poisson robuste au corps allongé apprécie les zones à courant modéré.
- La perche : bien connue des pêcheurs, elle arbore un corps rayé et une nageoire dorsale épineuse.
- Le brochet : prédateur emblématique, il rôde dans les zones calmes bordées de végétation.
- Le goujon : petit poisson de fond, il vit dans les zones sablonneuses peu profondes.
Sandres, Carpes, Brèmes, Tanches, Rotengles, font aussi partie des poissons présents dans l’Yerres.

Une rivière en reconquête écologique
Autrefois polluée et rectifiée pour des raisons hydrauliques, l’Yerres fait aujourd’hui l’objet de nombreux projets de renaturation : suppression de seuils, restauration des berges… Ces actions permettent aux poissons de circuler librement, de se reproduire et de recoloniser les milieux.
Certaines zones humides et frayères ont même été réaménagées pour favoriser la reproduction des espèces sensibles comme :
- Le chabot, espèce protégée, qui est observé vers la source de l’Yerres
- La lamproie de Planer, espèce protégée, parfois observée dans les portions amont.
- La truite fario, qui réapparaît ponctuellement dans les affluents les plus frais.
Une zone de protection Natura 2000
Couvrant 40 km de cours d’eau, de Chaumes-en-Brie jusqu’à la source de l’Yerres à Hautefeuille, le site Natura 2000 a pour objectif de protéger deux espèces de poissons (le chabot et la lamproie de Planer) et deux habitats d’intérêt communautaire dont une source de milieu calcaire.
Le retour de ces deux poissons dans l’Yerres signifie une amélioration de la qualité de l’eau, de la biodiversité et de l’écosystème local.
Une rivière pour les pêcheurs… et les curieux
Les passionnés de pêche trouvent dans l’Yerres un terrain de jeu varié avec des endroits aménagés par les AAPPMA locales (associations agréées de pêche) pour permettre une pratique durable.
Mais au-delà de la pêche, observer les poissons de l’Yerres est une invitation à mieux comprendre l’équilibre fragile des milieux aquatiques.
Une richesse à préserver
Les poissons sont des indicateurs de la santé d’un cours d’eau. Leur présence témoigne d’un équilibre retrouvé, mais encore vulnérable. Pollution diffuse, dérèglement climatique, etc. : les menaces persistent.
Alors pour préserver ce cours d’eau, chacun peut agir à son échelle en évitant de rejeter des substances polluantes dans les avaloirs et les canalisations, en soutenant les associations de protection des milieux aquatiques ou simplement en respectant la tranquillité des rivières.
L’Yerres, discrète mais vivante, abrite une véritable petite faune aquatique. Observer ses poissons, c’est redécouvrir un patrimoine naturel local souvent ignoré. Alors lors de la prochaine balade le long des berges, ouvrons l’œil… peut-être verrons-nous frétiller la vie 😉
