Quand il pleut, on pense souvent à l’eau qui ruisselle vers les rivières… mais une partie de cette pluie peut aussi s’infiltrer lentement dans le sol, jusqu’à alimenter les nappes souterraines. Invisibles, elles constituent pourtant une réserve essentielle pour le bassin versant de l’Yerres.
Sur le bassin versant de l’Yerres, cette recharge est un enjeu majeur : elle contribue à préserver les rivières, les zones humides et, plus largement, la ressource en eau.
L’hiver : la saison clé de la recharge
Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas l’été, mais surtout l’hiver que les nappes se rechargent.
Le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières), référence nationale sur les eaux souterraines, explique que la recharge des nappes se fait principalement entre l’automne et le printemps, quand les pluies peuvent vraiment s’infiltrer en profondeur.
En hiver, plusieurs conditions sont favorables :
- la végétation consomme beaucoup moins d’eau,
- les températures sont plus basses, donc l’eau s’évapore moins,
- les sols sont souvent plus humides, ce qui permet une infiltration progressive.
Résultat : une plus grande part de la pluie devient une “pluie efficace”, utile pour la recharge.
Pourquoi les pluies d’été rechargent peu les nappes
Même lorsqu’il pleut en été, cela ne signifie pas forcément que la nappe se remplit.
En période chaude :
- l’eau s’évapore rapidement,
- les sols secs absorbent d’abord l’eau en surface,
- la végétation prélève une grande partie de l’humidité.
Les fortes températures augmentent l’évapotranspiration, ce qui limite l’infiltration vers les nappes.
Ainsi, les orages estivaux peuvent être impressionnants… mais ils ne rechargent pas comme une période de pluies régulières en hiver.
Des nappes souterraines essentielles au bon état des rivières
Sur l’Yerres, l’eau circule en surface… mais aussi sous terre. Le bassin versant est notamment lié à plusieurs nappes, dont la nappe des calcaires de Brie et la nappe des calcaires de Champigny.
Ces nappes jouent un rôle déterminant : elles peuvent soutenir les cours d’eau quand les pluies deviennent rares. Une nappe trop basse peut donc entraîner :
- des débits de rivière plus faibles,
- des milieux aquatiques fragilisés,
- une plus grande sensibilité aux sécheresses
La nappe du Champigny, une recharge surtout hivernale
L’association AQUI’Brie, qui veille à la protection de la nappe du Champigny, souligne un point clé : cette nappe se recharge essentiellement en hiver.
C’est pourquoi les pluies hivernales sont cruciales : elles permettent de constituer les réserves dont le territoire aura besoin pendant le printemps et l’été.
Les niveaux de cette nappe peuvent remonter nettement après une recharge importante, avant de redescendre en période sèche.
Un enjeu encore plus fort avec le changement climatique
Avec le changement climatique, les températures seront plus élevées, donc les besoins en eau seront plus importants. En revanche, la répartition des pluies dans l’année est encore incertaine. Or c’est cette répartition qui va conditionner les plus ou moins bonnes recharges hivernales de nappe. La seule certitude : plus nous saurons être sobres en eau, plus nous saurons parer toute situation et serons adaptés au climat changeant.
